De la reproduction des grenouilles vertes

Le choc du jour, à propos des grenouilles vertes Pelophylax kl. esculentus, hybride de P. lessonae et P. ridibundus1 :

Ces taxons d'origine hybride présentent cependant un mode de reproduction tout à fait particulier qui ne respecte pas la transmission mendélienne classique. En effet, ils se maintiennent à l'identique de génération en génération en se reproduisant le plus souvent avec l'une de leurs espèces parentales, plus rarement entre eux. Ceci est rendu possible par une originalité de leur méiose : les hybrides ne transmettent dans le cas le plus fréquent...

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Lucidité

Avalanche de courriels en ce matin du 1er octobre 2015. La télévision française a osé couvrir, rapportent certains organisations nord-catalanes, le lendemain des élections du 27 septembre, le cas catalan et le processus d'indépendance. L'émission de France 5 « C dans l'air » titre « Risque catalan et contagion indépendantiste » ; ils n'en fallait pas plus pour que l'on dénonce une émission caricaturale, bourrée de clichés, qui a choqué profondément des milliers de Catalans, et qui serait pure « désinformation ». Il faudrait « exiger » réparation immédiatement. Et ce, en signant une pétition électronique, outil ultime, on le sait, pour obtenir plus de justice.

Treize mois sans Aaron Swartz

Cela fait treize mois aujourd'hui, mardi 11 février, qu'Aaron Swartz s'est donné la mort. En son honneur, partout sur le Réseau, a lieu «The Day We Fight Back», le jour où nous contre-attaquons, qui vise à dénoncer en particulier la surveillance généralisée, d'où la bannière que vous devriez voir sur cette page.

Ma contribution, à part cet article de blog et cette bannière éphémère qui devrait apparaître, a consisté à parler de lui samedi dernier à l'occasion de la réunion bimensuelle du groupe d'utilisateurs de logiciels libres de Perpignan.

Né en 1986 à Chicago, mort à 26 ans à Brooklyn, Swartz est entré à titre posthume en juin 2013 a l'l'Internet Hall of Fame. Militant et hacktiviste d'Internet, il participe très jeune à des projets cruciaux pour un Internet et un Web ouverts. Vers l'an 2000, il collabore avec le W3C s'agissant de standards comme RSS, et plus tard avec Lawrence Lessig sur les licences Creative Commons, qui permettent de diffuser des œuvres de manière ouverte. Il gravite aussi autour de l'Internet Archive et de l'Open Library.

Cartopartie à Collioure

Le groupe local de contributeurs au projet OpenStreetMap de Catalogne Nord organise le 1er juin à 11 h du matin à Collioure une cartopartie (rendez-vous sur la plage du Voramar).

OpenStreetMap crée et fournit des données géographiques libres, telles que des cartes routières ou cyclables, à quiconque en aura besoin. Cet outil est né parce que la plupart des cartes que vous pensez libres ont des restrictions légales ou techniques qui nous empêchent de les utiliser de façon créative, productive ou innovante.

Une cartopartie est un rassemblement de gens qui s'intéressent à ce projet, qu'ils soient ou non des contributeurs habituels, et ne nécessite aucune connaissance technique préalable. Nous parcourrons à pied, par groupes, la commune de Collioure, répertoriant, selon le thème choisi :

50 manières de détruire le réseau

Nous vivons des temps difficiles. Diverses entités maléfiques sans foi ni loi veulent faire entrer l'humanité dans un âge noir de la connaissance et de la culture en s'accaparant le Réseau et en le réduisant en pièces. Je veux bien croire qu'il y a cinquante manières de détruire le réseau ;-) Profitez du talent musical de M. Weinstein, grand défenseur de la neutralité des réseaux, qui nous enjoint régulièrement à considérer les « nouvelles techologies » avec un peu plus de bon sens ! (D'habitude il se contente de taper sur un clavier, rassurez-vous.)

35ème aplec excursionista... à l'Alguer!

Une nouvelle étoile luit au firmament du monde de la randonnée dans les Pays Catalans : L'Alguer, joyau sarde qui doit rester dans un coin de notre cœur pour toujours, miraculée de l'histoire, a réussi cette année l'impossible, en organisant le 35ème aplec excursionista. Je remercie tous ceux qui ont porté ce projet à terme, et j'espère que cet évènement marque le point de départ de relations toujours plus fortes avec la Barceloneta.

À l'Alguer, il faut y aller, et y retourner. J'avais déjà eu l'occasion de la visiter avec un ami en 2007, et c'est toujours avec la même joie que je parcours les rues de la ville, ainsi que les murailles qui dominent la mer et offrent une vue imprenable sur Capo Caccia, tout en entendant de temps en temps le catalan d'outre-mer.

Il était aussi très agréable, évidemment, de pédaler à travers le maquis de la punta del Lliri, de nager dans des criques inoubliables, de parcourir la côte sarde à pied, et de contempler le coucher de soleil, quand l'astre majeur se perd peu à peu dans la mer.

Du col de Jau au pic du Madres

Me voici revenu du Madres. Je ne connaissais pas ce morceau de montagne. Nous sommes partis du Col de Jau (celui qui marque la limite avec l'Aude, il ne faut pas le confondre avec le col de Jou près de Mariailles...), et montés par la forêt. Quand on arrive à l'étage alpin, passé le premier orri, on est submergé par le paysage. La vallée de la Castellana, particulièrement spacieuse en cet endroit, laisse place au Salt del Burro, particulièrement majestueux. J'ai pu y photographier un group d'isards, surpris par mon arrivée, qui défilaient devant moi. Ils étaient entre trente et cinquante.

Tout en haut, le regard porte sur une bonne partie du Capcir ; on aperçoit distinctement le lac de Matemale et les Angles.

Nous sommes descendus par le Bernat Salvatge, qui touche presque le pic du Madres, à travers des prés emplis de colchiques.

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Vic de Sòs

Il y a des jours où on a des idées pour le moins curieuses. Nous avions prévu de monter sur la Pique d'Endron en Ariège, au-dessus de Vic de Sòs (français Vicdessos, ce qui est un barbarisme du même acabit que Castelnaudary). Il va de soi cependant que dans ce pays l'eau est omniprésente, et il fallait bien sûr qu'il pleuve des cordes juste ce jour, nous avons donc changé de plan et sommes restés à basse altitude.

L'Ariège, comme la part pyrénéenne de la Catalogne, et de manière générale l'est des Pyrénées, est le pays du fer. Des mines du Rancier, comme à Batère ou à Mantet, on extrayait ce minerai jusqu'en 1929. Depuis le Cabré, en aval de Vic de Sòs, on peut suivre un chemin qui longe tout d'abord cette fantastique cascade du Carracou, et ensuite mène aux entrées des mines qui ont été creusées siècle après siècle. Les entrées les plus anciennes sont situées le plus en altitude, il y a même tout en haut des traces d'exploitation datant du néolithique.

Aujourd'hui le bois a retrouvé son expansion maximale, mais il faut garder à l'esprit que, il y a cent ou cent cinquante ans, avec le pastoralisme et le fonctionnement des mines — les forges dites « à la catalane » dont on se servait également en Ariège consommaient un volume astronomique de bois — il ne restait pour ainsi dire plus un arbre, si bien qu'on finissait par porter le minerai en Coserans pour le traiter. Aujourd'hui le problème est inversé ; comme le bois n'a plus guère de valeur économique, les propriétaires ne nettoient plus les forêts, qui représentent un danger pour les villages alentours.

Au-dessus de Fillols

Au bord du chemin du Coll de les Voltes qui monte aux Cortalets, dans la vallée de la rivière de Fillols, mon attention a été retenue par deux arbres — ne me demandez pas pourquoi, c'étaient les plantes élues de ce jour-là.

Il s'agit de deux arbres, l'alisier blanc et la bourdaine. Le premier est apparenté au sorbier des oiseleurs (genre Sorbus). Cela faisait des années que j'endurais des blagues douteuses concernant la bourdaine, dont l'écorce est laxative, maintenant au moins je saurai reconnaître cette maudite plante.

Comme d'habitude, cliquez sur les images ci-dessous pour accéder aux fiches d'observations de ces plantes.

Canigou juillet 2011

À la fin du mois de juillet, je suis monté sur le Canigou avec un ami. J'ai quelque peu tardé, il est vrai, à écrire cet article de blog ! Nous nous sommes garés au col de Jou à neuf heures et demie ; il était possible de conduire jusqu'au parking du Randé un peu plus haut, mais à quoi bon, nous avions des jambes, et comme on dit dans une famille du Conflent que je ne désignerai pas, « l'ase és la sola votura que fa pas cagar » (et d'âne, nous n'en avions guère).

Nous avons de ce pas traversé traversé un bois agréable, en suivant un chemin longeant un petit canal, un de ces petits ruisseaux du Canigou qui charment le cœur des roussillonnais, plus habitués à des oueds à sec la moitié de l'année comme le Rart, ou à des choses douteuses comme la Fossella ou l'Agulla de la Mar. Au bout d'un moment, peut-être trois quarts d'heure, peut-être quatre quarts, le chemin débouche sur Mariailles, un pré à quelques 1700 m d'altitude, d'où l'on jouit d'un ample perspective, marquée par le refuge, un ruisseau nommée la Llipodera, et le précipice de la vallée du Cadí. Pour beaucoup, il s'agit du point de départ de l'ascension du Canigou, ce qui représente 1000 m de dénivelé ; nous en avions déjà monté 600.

La végétation change alors progressivement, évidemment, jusqu'à ce que l'on ne trouve plus que des conifères. Nous suivons plus ou moins la vallée du Cadí, cherchons notre équilibre à la traversée des ruisseaux. Arrivés au refuge Arago — qui est fermé en ce moment, il est vrai qu'il semble être vraiment en mauvais état —, les arbres, désormais superflus, cèdent le pas à une végétation basse, et à la présence inévitable de la cime. On aperçoit quelques petits étangs, dont nous n'avons guère pu nous approcher, qui doivent être, à en croire mon sens infaillible de l'orientation, les gorgs del Cadí.

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