octobre 2011

Du col de Jau au pic du Madres

Me voici revenu du Madres. Je ne connaissais pas ce morceau de montagne. Nous sommes partis du Col de Jau (celui qui marque la limite avec l'Aude, il ne faut pas le confondre avec le col de Jou près de Mariailles...), et montés par la forêt. Quand on arrive à l'étage alpin, passé le premier orri, on est submergé par le paysage. La vallée de la Castellana, particulièrement spacieuse en cet endroit, laisse place au Salt del Burro, particulièrement majestueux. J'ai pu y photographier un group d'isards, surpris par mon arrivée, qui défilaient devant moi. Ils étaient entre trente et cinquante.

Tout en haut, le regard porte sur une bonne partie du Capcir ; on aperçoit distinctement le lac de Matemale et les Angles.

Nous sommes descendus par le Bernat Salvatge, qui touche presque le pic du Madres, à travers des prés emplis de colchiques.

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Vic de Sòs

Il y a des jours où on a des idées pour le moins curieuses. Nous avions prévu de monter sur la Pique d'Endron en Ariège, au-dessus de Vic de Sòs (français Vicdessos, ce qui est un barbarisme du même acabit que Castelnaudary). Il va de soi cependant que dans ce pays l'eau est omniprésente, et il fallait bien sûr qu'il pleuve des cordes juste ce jour, nous avons donc changé de plan et sommes restés à basse altitude.

L'Ariège, comme la part pyrénéenne de la Catalogne, et de manière générale l'est des Pyrénées, est le pays du fer. Des mines du Rancier, comme à Batère ou à Mantet, on extrayait ce minerai jusqu'en 1929. Depuis le Cabré, en aval de Vic de Sòs, on peut suivre un chemin qui longe tout d'abord cette fantastique cascade du Carracou, et ensuite mène aux entrées des mines qui ont été creusées siècle après siècle. Les entrées les plus anciennes sont situées le plus en altitude, il y a même tout en haut des traces d'exploitation datant du néolithique.

Aujourd'hui le bois a retrouvé son expansion maximale, mais il faut garder à l'esprit que, il y a cent ou cent cinquante ans, avec le pastoralisme et le fonctionnement des mines — les forges dites « à la catalane » dont on se servait également en Ariège consommaient un volume astronomique de bois — il ne restait pour ainsi dire plus un arbre, si bien qu'on finissait par porter le minerai en Coserans pour le traiter. Aujourd'hui le problème est inversé ; comme le bois n'a plus guère de valeur économique, les propriétaires ne nettoient plus les forêts, qui représentent un danger pour les villages alentours.